La méthode ouverte
L’attention ne reste pas enfermée dans le corps. Elle s’étend vers l’espace, puis revient vers l’intérieur afin d’organiser l’échange entre le pratiquant et son environnement.
Fondateur du Zhineng Qigong
Également connu sous le nom de Pang Ming, il a élaboré au début des années 1980 un système réunissant méthodes de qigong, théorie du Hunyuan Qi, travail de la conscience et transmission collective.
Repères biographiques
Né en 1940 dans le comté de Dingxing, dans la province du Hebei, Pang He Ming s’est formé à la médecine occidentale, à la médecine chinoise, au qigong et aux arts martiaux.
Les biographies publiées par plusieurs écoles de Zhineng Qigong indiquent qu’il a étudié auprès de nombreux enseignants issus de courants différents. Ce parcours lui a donné accès à des méthodes bouddhistes, daoïstes, martiales et populaires, qu’il n’a pas simplement juxtaposées : il les a réorganisées dans un cadre nouveau.
À partir de la fin des années 1970, il participe au mouvement de recherche et de diffusion publique du qigong en Chine. Son travail prend progressivement le nom de Zhineng Qigong — 智能气功, Zhìnéng Qìgōng.
Noms et translittérations
Le nom 庞鹤鸣 se transcrit Páng Hèmíng en pinyin. Dans les contenus francophones, il apparaît aussi sous les formes « Pang Heming » et « Pang He Ming ». Le nom 庞明, Páng Míng, est celui qui accompagne une grande partie de ses textes et de son enseignement public.
Selon les biographies diffusées dans le milieu du Zhineng Qigong, 鹤 — hè — signifie « grue », tandis que 鸣 — míng — désigne son cri. Le caractère 明 du nom Pang Ming évoque la clarté ou la lumière.
Formation et recherche
Pang Ming a exercé dans un contexte où médecine occidentale et médecine chinoise pouvaient être étudiées conjointement, avant de consacrer l’essentiel de son activité au qigong.
Ses premiers travaux publics s’inscrivent dans la période de réorganisation des associations de qigong à la fin des années 1970. Il contribue alors à des cours, à des rencontres nationales et à des expérimentations portant sur le Qi externe, appelé 外气 — wài qì.
La spécificité de son projet apparaît lorsqu’il passe d’un ensemble de techniques à une architecture complète : méthodes corporelles graduées, vocabulaire théorique, étude de la conscience, règles pédagogiques et organisation du champ de pratique.
Chronologie
Les dates ci-dessous retiennent les points qui éclairent directement la naissance et le développement du Zhineng Qigong.
Pang He Ming naît à Dingxing, au sud-ouest de Pékin, dans un environnement où circulent médecine chinoise, qigong traditionnel et arts martiaux.
Il prend part à l’organisation de rencontres et d’associations consacrées à l’étude du qigong à Pékin, dans un contexte d’ouverture nationale de la discipline.
Il commence à présenter un corpus distinct, conçu pour être enseigné publiquement et soutenu par une théorie propre.
Des formations consacrées au travail du Qi externe et à la création d’un champ de Qi contribuent à faire connaître son approche.
Une structure dédiée à la formation, à la pratique intensive et à la recherche est créée dans la province du Hebei.
Les principaux manuels de la « science du Zhineng Qigong » sont publiés et utilisés dans les cursus de formation du centre.
Le centre Huaxia cesse ses activités au tournant des années 2000. La transmission se poursuit ensuite en Chine et à l’international par d’anciens enseignants et étudiants.
Apports majeurs
Son apport ne se limite pas à la création d’un enchaînement. Il concerne la manière de relier pratique, théorie, pédagogie et recherche collective.
L’attention ne reste pas enfermée dans le corps. Elle s’étend vers l’espace, puis revient vers l’intérieur afin d’organiser l’échange entre le pratiquant et son environnement.
Le zǔ chǎng désigne l’installation méthodique d’un champ de pratique partagé. La posture, les paroles, l’intention et la dynamique du groupe participent au même cadre.
La Hùnyuán Zhěngtǐ Lǐlùn propose une lecture unifiée de la matière, de l’énergie, de l’information, du vivant et de la conscience.
Le concept de Yìyuántǐ occupe une place centrale dans les textes avancés. Il sert à décrire la base de l’activité consciente et ses modes de fonctionnement.
Transmission collective
华夏智能气功培训中心
Huáxià Zhìnéng Qìgōng Péixùn Zhōngxīn
Créé en 1988, le centre Huaxia a réuni enseignement, pratique intensive, formation de professeurs et activités de recherche autour du Zhineng Qigong.
Le centre a changé plusieurs fois de lieu dans la province du Hebei. Sa structure a évolué pour accueillir des cursus courts, des formations longues, des équipes pédagogiques et des groupes nombreux venus pratiquer quotidiennement.
Il est souvent désigné en Occident comme « l’hôpital sans médicaments ». Cette expression simplifie cependant son statut et son fonctionnement : les documents issus du milieu du Zhineng Qigong parlent plutôt d’un centre de formation et de rétablissement où les participants étaient appelés « étudiants ».
Œuvre écrite
Dans les années 1990, Pang Ming formalise le Zhineng Qigong dans une série de manuels consacrés à ses fondements, à ses méthodes et à son cadre théorique.
Les titres français ci-dessous sont des traductions indicatives. Selon les éditions, un même ouvrage peut circuler sous plusieurs titres anglais ou français.
Zhìnéng Qìgōng Kēxué Gàilùn
Zhìnéng Qìgōng Kēxué Jīchǔ — Hùnyuán Zhěngtǐ Lǐlùn
Zhìnéng Qìgōng Kēxué Jīngyì
Zhìnéng Qìgōng Kēxué Gōngfǎxué
Chuántǒng Qìgōng Zhīshi Zōngshù
Zhōngguó Qìgōng Fāzhǎn Jiǎnshǐ
Transmission
La diffusion actuelle du Zhineng Qigong repose largement sur des professeurs ayant étudié au centre Huaxia ou auprès d’enseignants formés dans ce cadre.
Les lignées pédagogiques peuvent différer dans la traduction des termes, le rythme d’apprentissage, la précision des formes et la place donnée à la théorie. Le corpus de Pang Ming demeure néanmoins leur référence commune.
Pour comprendre le parcours d’un professeur, il est utile d’examiner sa formation, les méthodes qu’il enseigne, ses sources et la manière dont il distingue pratique de bien-être, accompagnement et prise en charge médicale.
Références